Une nouvelle saison de gestion des jussies (Ludwiga) s’est amorcée !!!

La jussie, plante aquatique invasive provenant d’Amérique du Sud fut introduite en France entre 1820 et 1830 pour décorer des bassins d’agréments et des aquariums, ne déserte pas les bords de la Vienne. Loin de pouvoir être éradiquée elle est controlée depuis 2007 par des campagnes d’arrachage de la jussie.

Cette plante appartenant à la famille des œnothéracées ou onagracées est devenue un redoutable envahisseur des milieux naturels humides et aquatiques calmes, on la retrouve depuis le début des années 1990 dans l’ouest de la France, mais sa prolifération s’est étendue vers le Nord.

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Le développement intempestif de la jussie pose d’importants problèmes sur la biodiversité et sur l’économie. Elle entraine un gros déséquilibre de l’écosystème aquatique et de leurs équilibres biologiques.

En effet en l’absence de consommateurs et de parasites naturels qui limitent la croissance, et aidées par leur grande capacité à croître rapidement et à se multiplier, les jussies prennent rapidement la place des autres végétaux. Les herbiers denses limitent par leur développement estival l’écoulement des eaux et lorsque cette masse de végétaux se décompose apparaît un déficit en oxygène sévère, privant les autres êtres vivants (plantes et animaux) de cet élément. De plus la litière abondante accélère l’envasement et le comblement du milieu.

La combinaison des deux phénoménes, écoulement ralenti et le comblement du fond par les sédiments  augmentent localement les risques d’inondation.

Economiquement les herbiers de jussies posent problèmes, elles sont en définitive, une charge d’entretien supplémentaire pour les propriétaires ou les ayants droit des espaces colonisés par la plante.

Elles gênent la navigation des embarcations, la progression des personnes ou la pratique de diverses activités (pêche, canoë-kayak …)

La régie du SyRVA composée de 3 agents, 1 chef d’équipe, et 1 stagiaire s’affaire depuis plusieurs semaines à arracher de façon manuelle les herbiers colonisant les bords de Vienne entre Civaux et les Ormes.

Ce travail nécessite beaucoup de patiente et de minutie puisqu’il faut ramasser toutes les boutures pour éviter une prolifération. Les racines peuvent s’enfoncer jusqu’à 3 mètres dans le sol et il suffit d’une petite partie de rhizome pour que la plante survive et recolonise le milieu. Chaque fragment de tige comportant un nœud peut se bouturer et former très rapidement un nouvel individu.

Le syndicat n’est pas seul dans son combat il fait appel à deux prestataires : Eau Libre, basée en Charente Maritime, et Eive 86, une entreprise de réinsertion.

Préconisations et devoirs

Interdiction d’implanter de la jussie dans un plan d’eau ou une mare.

Ne pas intervenir par arrachage, épandage d’herbicide ou tout autre moyen d’éradication sur une station repérée dans la nature mais en avertir le SyRVA (Interventions ou conseils d’arrachages)

Informer d’autres personnes (animalerie, espaces verts, commune…) sur les problèmes que pose cette plante dans la nature.

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